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La nécessité biologique

necessite-biologique-brad-pict-De plus en plus dans les marchés d'alimentation on propose des aliments biologiques et les clients font leur choix entre le produit issu de l'agriculture industrielle ou celui certifié bio.  Certains commerçants font leur mise en marché en attribuant aux produits bio un secteur déterminé de leur rayonnage, d'autres intègrent les produits bio dans les tablettes avec les produits des grandes marques appartenant à leur chaîne ou aux multinationales de l'alimentation.

On en oublie parfois que les produits de certification biologique n'ont longtemps intéressé que les seuls mordus de santé naturelle et d'écologie planétaire qui, pendant des années ont du faire des pieds et des mains pour se les procurer.  Reportez-vous dans les années 70 et 80, alors que ni les farines entières, ni les huiles de première pression à froid, ni même le tofu ne trouvaient leur place en épicerie conventionnelle.  Que dire alors des aliments certifiés bio!

Ce sont donc des visionnaires qui ont mis sur pied les premiers magasins spécialisés en alimentation saine et biologique.  Il ne s'agissait pas seulement alors de saisir une occasion d'affaire pour un secteur de l'économie qui connaîtrait une forte croissance.  C'était surtout une question de disponibilité de l'approvisionnement pour tous ceux qui cherchaient  des aliments sains, entiers, non transformés et exempts d'éléments chimiques de synthèse, des aliments bio quoi! 

Mais pour comprendre ce qui fait la différence entre les produits de culture ou d'élevage conventionnel et ceux qui sont certifiés BIO, il faut mettre des lunettes à vision globale et cesser de ne chercher le profit que pour soi-même.  La majorité des gens ne savent pas quelle est vraiment cette différence et il est même navrant de constater que les médias qui abordent ce sujet ne donnent pas vraiment l'heure juste.  On se contente bien souvent de ne mentionner que l'absence de pesticides nocifs sans aborder les autres aspects qui sont tout autant importants.

Tout d'abord, il faut s'intéresser à l'interaction entre les différents règnes de la nature qui collaborent à la production des aliments.  C'est dans le sol que tout se met en place car c'est par leurs racines que les plantes puisent les éléments qui servent à la construction de leurs cellules et à l'élaboration des différentes molécules qui servent de nourritures aux animaux et aux humains.  Si le sol est perturbé dans sa structure et que des éléments chimiques tuent les micro-organismes qui y séjournent, rien ne va plus.  Les minéraux naturellement présents dans le sol ne peuvent être absorbés par les plantes que par l'intermédiaire de micro organismes qui les rendent assimilables.  Un sol dévitalisé  ne peuvent donc pas servir à l'élaboration de plantes à haute teneur en nutriments.  La plante pousse, mais elle n'est plus qu'un contenant vide car les vitamines, minéraux et autres nutriments n'y sont pas en quantité appropriée.

Comme la plante qui pousse dans un sol dévitalisé est en conséquence plus faible, elle est aussi plus facilement atteinte par les maladies et les ravageurs.  Elle exige donc l'usage de pesticides et de traitements divers à base de substances toxiques qui ne se contentent pas d'en couvrir la surface mais pénètrent aussi au coeur de ses cellules. La preuve est faite, on sait que ces produits ont une incidence majeure sur la santé et qu'ils  sont responsables de plusieurs formes de cancer sans compter les troubles génétiques, malformations et problèmes de stérilité qui ne cessent de croître tant chez les animaux que chez l'humain.  Ces substances chimiques toxiques se lessivent et se déversent dans les nappes phréatiques et les cours d'eau avec des conséquences sur l'environnement que l'on met bien des efforts à dissimuler.

Vient ensuite le problème de la concentration des cultures.  Puisque la rentabilité est l'objectif premier de l'industrie alimentaire, les producteurs se concentrent sur un seul type de production exigeant du sol, année après année, toujours les mêmes éléments nutritifs.  La terre s'épuise et l'on doit donc faire usage d'une quantité toujours de plus en plus grande d'engrais chimiques.  Un cercle vicieux dans tous les sens du terme!

Ces aliments peu nourrissants qui ne développent que peu de saveur sont ensuite conditionnés pour le marché de l'alimentation et du prêt à manger et on les additionne d'une grande quantité d'exhausteurs de goût, de stabilisants, d'agents de texture, de colorants, de glucose, de sel et de saveurs tout aussi artificiels les uns que les autres.  Il le faut bien, puisque ces produits doivent se maintenir en tablette pendant de longs mois.  C'est sans compter tous les fruits qui sont cueillis avant maturité de façon à résister au transport qui les mènera à l'autre bout d la planète!

À l'opposé, l'agriculture biologique favorise le maintien de fermes à dimension humaine ou culture et élevage ont encore leur place, les animaux contribuant à l'élaboration du compost qui nourrira le sol.  Le sol étant le premier investissement des producteurs biologiques, il est chéri, nourri et respecté afin de produire des plantes saines et vigoureuses qui résistent aux maladies.  Ainsi, on peut plus facilement contrôler les invasions avec des substances organiques ou des pièges qui préviennent l'usage de pesticides.  En évitant toutes les substances chimiques de synthèse, ce n'est pas seulement le consommateur qui est protégé, c'est tout l'écosystème. 

Voilà en gros ce qui différencie ces deux modes de cultures.  Voilà pourquoi choisir biologique n'est plus seulement un choix, cela devient une nécessité si nous voulons rétablir l'équilibre de la nature et préserver notre environnement tout autant que notre santé.  Pour en savoir plus, consultez le document "La petite histoire de l'agriculture biologique".  Mettre le lien

Carole Charron, herboriste